Il faut piocher,

Piocher c’est creuser, faire des trous,
Piocher, puis pelleter.
Comme un ouvrier, se cracher dans les mains, creuser des trous pour s’y mettre au frais. Au silence, au secret…
Piocher pour démonter des murailles. Puis, quand c’est fini, ranger pioche et pelle dans la cabane à outils, avec les autres choses.
Creuser un trou dans la terre, et du monceau apparu, en faire des boules.
des boules plastiques, des boules terreuses,

Boules de pétanque, de billard ou de quilles, boules à jouer.
Cartes de jeu sont histoire de pioche aussi. Bonne ou mauvaise pioche, pioche un pion, balle de match.

Carte à jouer avec l’autre, le spectateur. Lui tracer la cartographie d’un art ludique, où on l’invite à piocher, où il se sert au hasard. Où il ne reste pas les mains dans les poches son mouchoir par dessus. Où il plonge la main dans le sac, au risque d’un coup de pioche ou d’un œil poché. Où il s’embarque quitte à sombrer dans le plastique, s’oublier dans le sensible, s’abandonner à la pensée critique.

Avec le jeu inventer du social, créer du politique. Dans quel sens faut-il jouer aujourd’hui ? celui des aiguilles ou bien au contraire ? Les tours de jeu s’enchaînent;  » à toi de jouer ! à ton tour !  » pour jouer il faut tourner, pédaler, rouer, filer, peut-être se piquer à l’épine du rouet…
Filer, courir et s’échapper, puis avec le fil juste fait, coudre, ravauder, raccommoder, et crocheter. Renouer les liens que la fuite a défait

Fils liés en trame tissent la toile du réseau.
Tisser des réseaux. Tresser des ciseaux. Ciseler des tréteaux.

Couper coller. crtl+ x / ctrl+ v

Ces réseaux lumineux et visuels des mondes nouveaux et magiques des laptops, des face book et des oranges. Se plonger dans ces espaces merveilleux et communiquer, blogger, se faire googleïser. Après ça construire un espace de communication alternatif : dans le jeu, et par l’outil.

Dans la technologie archaïque de fils de laine rouge tissant des réseaux de formes plastiques envahissantes.
Dans le geste vain et psalmodique de faire des boules, puis de les répéter, en dérisoires constellations terreuses.
Dans la couture de fil blanc de l’orange du forfait, et dans la citation en hommage critique, l’After référenciel.
Dans l’usage ironique des signes et des codes, par une ornementation pourrie et un baroque déglingué.

Quatre pratiques réunies autour du ludique et du plastique… Réunies pour faire réseau, pour se brancher, et creuser     ensemble leur trou.
Et pour ce faire il y a les mains, nos mains, les mains de nous quatre, les quatre côtés du carré.
des mains qui cubent cousent et conceptent.
Parce que deux mains ne suffisent pas pour coller tous les timbres, taper tous les emails, démonter les cubes et porter les trucs lourds… quatre paires de mains font, au bas mot, une quarantaine de doigts, qui marquent plus, pour pointer les problèmes, comme pour laisser des empreintes.
Des mains qui saisissent, plantent, arrachent,

défont, refondent.
Serrent des paluches et desserrent des boulons.
Des mains au travail, l’outil contre la paume,

Des mains dans les pioches

(les mains dans les pioches)

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oeufs durs dans la cheminée

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La marquise s’illumine…